Andrei Nekrasov : Adieu Camarades

« Adieu Camarades » est un film documentaire réalisé par Andrei Nekrasov.
Durée : 6h (en 6 parties). Sortie DVD : 7 février 2012.
Disponible aux éditions ARTE et diffusé récemment sur la chaine du même nom, nous avons eu le chance de pouvoir le (re)visionner sur notre lecteur de salon grâce à Cinetrafic !

DVD #1 :

La première partie, nommée « 1975-1979, Apogée » nous présente les personnages qui modèleront un minima le reste du film : un jeune femme cherchant à retracer l’histoire de son père, et essayant de voir dans quelle conditions il a vécu, au coeur du mouvement communiste d’URSS. C’est ainsi que parfois nous la voyons faire des recherches et parler à son père.

Ce premier « volet » nous présente donc l’apogée du communisme, tout en nous parlant de petites révolutions ayant eu lieu dans ce régime. Les couples avaient une bourse afin de s’acheter un meuble ou un produit électroménager (qu’ils échangeaient souvent par la suite car ils ne leur convenaient pas), les chanteurs populaires (tel Vladimir Vissotsky par exemple) faisaient quant à eux passer des messages avec leur chansons, etc.

La seconde partie, « 1980-1984, Menaces » nous fait part quant à elle du boycott des Jeux Olympiques de Moscou par 65 nations liées contre le communisme.

Mais à vrai dire, elle se concentre surtout sur la partie militaire : nous apprenons ainsi qu’une bonne partie de cette période fût entrecoupée par des guerres opposants l’URSS à des pays comme l’Afghanistan alors qu’ils étaient alliés par le passé, mais que suite à des tentatives de meurtres l’empire Russe se rebella. Ceci combiné à la phobie islamiste de Brejnev ne fit bien sûr qu’empirer les choses. Nous apprenons également comment les soviétiques occupaient l’est de l’Allemagne (ce qui fût l’anté-mur de Berlin), mais également la Pologne (réelle source de tensions à cause du massacre de milliers d’officiers Polonais à Katyn en 40)… Pour finir, on nous rappelle les menaces de guerres atomiques entre les États-Unis et l’URSS, ce qui créa des peurs pour les peuples des deux pays.

La partie « 1985-1987, Espoir » nous montre ce que pensait le peuple russe lors des changements successifs de dirigeants à cause de leurs âges avancés… Leurs morts à répétition laissaient planer des doutes quant au futur de l’URSS. Mais quand Mikhaïl Gorbatchev arriva au pouvoir, les personnes virent en lui un espoir de renouveau pour leur pays. En effet, il était plus jeune que les précédents et paraissait ainsi plus prometteur. Entre autres, il rencontra Reagan (alors président des États-Unis) et permis ainsi un accord de paix entre ces deux patries, promit d’arrêter les guerres contre la Pologne et la Hongrie et suite à la catastrophe de Tchernobyl, tenta d’interdire les armes nucléaires… Néanmoins, l’empire soviétique restait toujours l’épicentre de problèmes économiques…

Bonus du DVD #1 : « Compléments de Programmes »

Série de vidéo-clips de 3 à 4 min nous montrant d’une façon très « humaine » des moments de vie de quelques hommes.

1. « Dimitri Dostoïevski : l’idéologie était en moi » : un homme (à ne pas confondre avec l’écrivain prénommé Fiodor) nous raconte que dans sa jeunesse, alors qu’il était malade, sa mère devait commander des médicaments au Japon, et que des lettres passaient alors par le Kremlin pour être classées par ordre d’importance. Il nous explique que l’idéologie était présente vraiment partout.
2. « Bertalan Farces : la vie depuis l’espace était magnifique » : un ancien astronaute Hongrois nous conte son travail passé, ainsi que le fait qu’il n’ait pas le droit d’exprimer ses opinions politiques quant au régime communiste…
3. « Viktor Penzin : l’alcool / le suicide collectif d’une nation » : un homme nous parle des propagandes anti-alcool que le gouvernement faisait courir à travers le pays afin de contrer les taux d’alcoolisme grandissant à vue d’oeil (et l’on peut penser que ceci était une bonne chose quant on voit les faits actuels).
4. « Friedrich Schorlemmer : transformer les épées en socs de charrue » nous permet d’en apprendre plus concernant le mouvement pacifiste en URSS initié par la peuple et les succès de certaines révolutions.
5. « Uwe Wirthwein : notre image de l’URSS était fausse » : un homme nous raconte ses voyages illégaux en Sibérie durant le régime communiste. Il dit qu’ainsi il s’est aperçu que l’empire russe était plus colonisateur qu’il n’y paraissait…

DVD #2 :

La quatrième partie « 1988, Réveil » nous parle surtout des suites du régime Stalinien. Ainsi, on nous expose quelques cas de prisonniers politiques (suite à la grande « purgation » ayant eu lieu bien des années plus tôt), de terrorisme d’état, etc. Aussi, on apprend que Gorbatchev voulait dénoncer ces pratiques pour avancer vers une sorte de démocratisation.

L’empire d’URSS qui était alors considéré comme un grand pays subsistait toutefois en l’état de théocratie (système politique basé sur des idéologies divines). Malgré quelques changements, des peuples continuaient à accuser ce pays, et Staline en particulier, pour les avoir fait entrer en guerre (par exemple, les Arméniens et les Azéris). Ceci provoqua une mini-révolution en URSS ; des personnes entonnant des slogans anti-communistes furent massacrés à coups de pelles-bêches par l’armée… Gorbatchev essaya ensuite, par l’intermédiaire de l’un de ses chefs militaire, de faire passer cette façon de faire pour une obligation vis-à-vis de personnes contrant le régime.

« 1989, Rébellion » nous explique que Boris Eltsine arriva au pouvoir en étant élu par son peuple (grande première chez les communistes), mais tout de même après des rébellions. De plus, en partie grâce à lui le pays alla doucement vers une sorte de démocratie. Néanmoins des grèves et des manifestations gagnèrent le pays… Suite à la chute du mur de Berlin, le socialisme s’imposa lentement, laissant les russes penser à un futur changeant.

La dernière partie, intitulée « 1990-1991, Effondrement », nous montre simplement la fin du communisme. Les retraits des troupes armées dans les pays limitrophes fût une libération pour ces derniers. Le pacte de Varsovie fut également par la suite rompu. La démission de Gorbatchev signa la fin pure et dure de ce régime dictatorial…

Bonus du DVD #2 :

1. « Nicolaï Vasin : « I wanna hold your hand »" : un vieil homme nous parle de sa jeunesse difficile dans des établissements stricts de la Russie, mais aussi de la façon dont il arrivait à se libérer d’une certaine manière et découvrant et écoutant du rock’n'roll, en l’occurrence les Beatles.
2. « Vladimir Nudelman : Tchernobyl. En vie pour le moment… » : un ancien radiologue de l’après-catastrophe de Tchernobyl nous raconte son travail, ainsi que les pressions qu’il a subit à cause de son orientation juive…
3. « Polina Fomina : mes rêves de pionnière » : une femme (enfin !), quarantenaire, nous parle de son enfance, et de ses désirs de devenir pionnière afin d’aller à la guerre, protéger son pays en combattant les ennemis, tout en évoquant la fin du régime qui fut comme une libération.
4. « Alexandre Kartsev : on ne parlait pas de l’Afghanistan… » : un soldat nous parle des troupes soviétiques parties en Afghanistan, ainsi que certaines choses inavouées par le gouvernement à propos de cette guerre.

Je pense que pour un documentaire qui peut paraître long (oui, 6h à visionner, ce n’est pas rien!), il est toutefois intéressant ! Le dialogue fille/père change des documentaires monotones que nous avons l’habitude de voir sur des sujets similaires.

Les interviews de personnes importantes dans ce régime (porte-parole de Lech Walesa, plume de Brejnev, militaires…) est étonnante, et assez inédite ! En effet, elles nous permettent d’apprendre des choses vraiment concrètes car rapportées par des gens ayant été au coeur de ce régime…

Les images d’archives apportent quant à elles une autre dimension au documentaire (pour la plupart des vidéos de politiques, entrecoupées d’interviews et d’images du peuple, mais également de petites animations bien sympas…).

Bref, moi qui n’étais dans un premier temps absolument pas attirée par ça, je l’ai regardé avec assez d’attrait ! J’avoue que les parties m’ayant le plus intéressée restent tout de même les bonus, plus « vivants » que le reste à mon avis.

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